Loi sur l'Avortement en Maroc

L'avortement n'est pas punissable si la grossesse résulte d'un viol ou d'un crime d'inceste, si la personne concernée est atteinte de troubles mentaux, ou si le foetus présente des malformations graves ou d'une maladie génétique (depuis 2016).

CHAPITRE VIII DES CRIMES ET DELITS CONTRE L’ORDRE DES FAMILLES ET LA MORALITE PUBLIQUE : (Articles 449 à 504)
SECTION I DE L'AVORTEMENT

Article 449
Quiconque, par aliments, breuvages, médicaments, manoeuvres, violences ou par tout autre moyen, a procuré ou tenté de procurer l'avortement d'une femme enceinte ou supposée enceinte, qu'elle y ait consenti ou non, est puni de l'emprisonnement d'un à cinq ans et d'une amende de 200 [159] à 500 dirhams.
Si la mort en est résultée, la peine est la réclusion de dix à vingt ans.


Article 450

S'il est établi que le coupable se livrait habituellement aux actes visés par l'article précédent, la peine d'emprisonnement est portée au double dans le cas prévu à l'alinéa premier, et la peine de réclusion portée de vingt à trente ans dans le cas prévu à l'alinéa 2. Dans le cas où en vertu des dispositions de l'article 449 ou du présent article, une peine délictuelle est seule encourue, le coupable peut, en outre, être frappé pour cinq ans au moins et dix ans au plus de l'interdiction d'un ou plusieurs des droits mentionnés à l'article 40 et de l'interdiction de séjour.


Article 451
Les médecins, chirurgiens, officiers de santé, dentistes, sagesfemmes, moualidat, pharmaciens, ainsi que les étudiants en médecine ou art dentaire, les étudiants ou employés en pharmacie, les herboristes, bandagistes, marchands d'instruments de chirurgie, infirmiers, masseurs, guérisseurs et qablat, qui ont indiqué, favorisé ou pratiqué les moyens de procurer l'avortement sont, suivant les cas, punis des peines prévues aux articles 449 ou 450 cidessus.
L'interdiction d'exercer la profession prévue à l'article 87 est, en outre, prononcée contre les coupables, soit à titre temporaire, soit à titre définitif.


Article 452
Quiconque contrevient à l'interdiction d'exercer sa profession prononcée en vertu du dernier alinéa de l'article précédent est puni de l'emprisonnement de six mois au moins et de deux ans au plus et d'une amende de 500 à 5.000 dirhams ou de l'une de ces deux peines seulement.
http://adala.justice.gov.ma/production/legislation/fr/penal/Code%20Penal.htm[28.06.2010 16:22:08]


Article 453
L'avortement n'est pas puni lorsqu'il constitue une mesure nécessaire pour sauvegarder la santé de la mère et qu'il est ouvertement pratiqué par un médecin ou un chirurgien avec l'autorisation du conjoint.
Si le praticien estime que la vie de la mère est en danger, cette autorisation n'est pas exigée. Toutefois, avis doit être donné par lui au médecinchef de la préfecture ou de la province.
A défaut de conjoint, ou lorsque le conjoint refuse de donner son consentement ou qu'il en est empêché, le médecin ou le chirurgien ne peut procéder à l'intervention chirurgicale ou employer une thérapeutique susceptible d'entraîner l'interruption de la grossesse qu'après avis écrit du médecinchef de la préfecture ou de la province attestant que la santé de la mère ne peut être sauvegardée qu'au moyen d'un tel traitement
[160]


Article 454
Est punie de l'emprisonnement de six mois à deux ans et d'une amende de 200
[161] à 500 dirhams la femme qui s'est intentionnellement fait avorter ou a tenté de le faire ou qui a consenti à faire usage de moyens à elle indiqués ou administrés à cet effet.


Article 455
Est puni de l'emprisonnement de deux mois à deux ans et d'une amende de 200 [162] à 2.000 dirhams ou de l'une de ces deux peines seulement, quiconque :

- Soit par des discours proférés dans les lieux ou réunions publics;
- Soit par la vente, la mise en vente, ou l'offre, même non publiques, ou par l'exposition, l'affichage ou la distribution sur la voie publique ou dans les lieux publics, ou par la distribution à domicile, la remise sous bande ou sous enveloppe fermée ou non fermée, à la poste, ou à tout agent de distribution ou de transport, de livres, d'écrits, d'imprimés, d'annonces, d'affiches, dessins, images et emblèmes;
- Soit par la publicité de cabinets médicaux ou soidisant médicaux, a provoqué à l'avortement, alors même que la provocation n'a pas été suivie d'effet.

Est puni des mêmes peines, quiconque aura vendu, mis en vente ou fait vendre, distribué ou fait distribuer, de quelque manière que ce soit, des remèdes, substances, instruments ou objets quelconques, sachant qu'ils étaient destinés à commettre l'avortement, lors même que ces remèdes, substances, instruments ou objets quelconques
proposés comme moyens d'avortement efficaces, seraient, en réalité, inaptes à le réaliser.

Toutefois, lorsque l'avortement aura été consommé à la suite des manoeuvres et pratiques prévues à l'alinéa précédent, les peines de l'article 449 du code pénal seront appliquées aux auteurs des dites manoeuvres ou pratiques

 

Article 456
Toute condamnation pour une des infractions prévues par la présente section comporte, de plein droit, l'interdiction d'exercer aucune fonction, et de remplir aucun emploi, à quelque titre que ce soit, dans des cliniques ou maisons d'accouchement et tous établissements publics ou privés recevant habituellement à titre onéreux ou gratuit, et en
nombre quelconque, des femmes en état réel, apparent ou présumé de grossesse.

Toute condamnation pour tentative ou complicité des mêmes infractions entraîne la même interdiction.


Article 457
En cas de condamnation prononcée par une juridiction étrangère et passée en force de chose jugée pour une infraction constituant, d'après la loi marocaine, une des infractions spécifiées à la présente section, le tribunal correctionnel du domicile du condamné déclare, à la requête du ministère public, l'intéressé dûment appelé en la chambre du conseil, qu'il y a lieu à application de l'interdiction prévue à l'article précédent.


Article 458
Quiconque contrevient à l'interdiction dont il est frappé en application des articles 456 ou 457 est puni de l'emprisonnement de six mois à deux ans et d'une amende de 200 [164] à 1.000 dirhams ou de l'une de ces deux peines seulement.

 

Cependant, en 2016 il y avait beaucoup des disputes sur la loi d'avortement, résultant en l'admission des plusieurs cas ou l'avortement ne pourrait pas etre considéré illégale nonplus:

"L'avortement n'est pas punissable si la grossesse résulte d'un viol ou d'un crime d'inceste, si la personne concernée est atteinte de troubles mentaux, ou si le foetus présente des malformations graves ou d'une maladie génétique" (HuffpostMaroc, "Avortement, peines alternatives, enrichissement illicite: Les nouveautés du code pénal", 26/05/2016).

Voir aussi http://www.huffpostmaghreb.com/2016/06/10/projet-loi-avortement_n_10395354.html

Maroc

L'avortement est illégal, sauf pour sauver la vie de la femme ou en cas de viol…