Toutes les 9 minutes une femme meurt des suites d'un avortement illégal et dangereux.

 

L'avortement provoqué est l'une des interventions médicales les plus courantes. Le rendre illégal ne diminue pas le nombre d'avortements. Sur 46 millions d'avortements réalisés chaque année, 20 millions le sont dans des conditions illegal y dangereuses. La légalisation de l'avortement peut mettre fin à la mort et aux souffrances inutiles des femmes

Geri Santoro

Dans le monde, plus d'1/3 des grossesses ne sont pas planifiées.
Chaque année, près d'1/4 des femmes enceintes sur les cinq continents choisit d'avorter. Le fait que l'avortement soit légal influence très peu la proportion d'avortements. Dans les pays où c'est illégal, la plupart des avortements font appel à des méthodes dangereuses. Dans les pays où c'est illégal, ce sont principalement des femmes sans ressources qui se résolvent à ces méthodes qui causent la mort d'une femme toutes les 9 minutes.

L'OMS estime que, chaque année, 20 millions de grossesses sur 46 millions se terminant par un avortement provoqué se déroulent dans des conditions non sûres et dans un contexte social et légal hostile, ce qui provoque tous les ans la mort d'environ 47 000 femmes des suites d'infections, d'hémorragies, de blessures utérines et des effets toxiques des agents censés provoquer un avortement.

À l'heure actuelle, environ 25 % de la population mondiale vit dans 54 pays (essentiellement en Afrique, en Amérique Latine et en Asie) où la loi est très stricte, interdisant totalement l'avortement ou l'autorisant uniquement lorsque la vie de la femme enceinte est en jeu.

La plupart du temps, les femmes sans ressources confrontées à une grossesse non désirée, provoquent elles-mêmes leur avortement ou vont consulter une personne sans formation médicale, mettant ainsi leur santé en danger et augmentant le risque d'hospitalisation suite aux complications. Le fait de pouvoir avoir recours à un avortement sûr et surtout abordable aura également des répercussions sur la situation financière de ces femmes et/ou de leur famille et peut donc être considéré comme un axe de lutte contre la pauvreté.

La Roumanie est un exemple unique des facteurs influençant le recours à l'avortement non suivi médicalement : en 1966, l'avortement  légal était restreint et le taux de mortalité des femmes suite à un avortement était en hausse rapide, égal à dix fois la moyenne du reste de l'Europe. En 1989, l'avortement fut de nouveau accessible et le nombre de morts maternelles chuta considérablement. À l'inverse, les Pays-Bas ont le taux d'avortement le plus bas grâce à une législation non restrictive associée à un environnement favorable : éducation sexuelle à l'école pour tous, services de planification familiale accessibles et accès à une contraception d'urgence. Sur les 29 266 avortements ayant eu lieu aux Pays-Bas en 1997, le taux de complication suite à un avortement pratiqué pendant le premier trimestre de grossesse était de 0,3% et aucun décès consécutif n'a été signalé.

Les lois interdisant l'avortement violent les droits des femmes tels que définis par la Conférence des Nations Unies sur la Population et le Développement (Le Caire, 1994), la Quatrième Conférence Mondiale sur les Femmes (Beijing) et la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme (articles 1, 3, 12, 19 et 27.1).


Des millions de femmes dans le monde ont utilisé le Mifepristone et le Misoprostol pour interrompre leur grossesse avec une sureté et une efficacité largement reconnues. Ces médicaments sont par ailleurs placés sur la liste des médicaments essentiels de l’Organisation Mondiale de la Santé depuis 2005. Le risque lié à leur utilisation est le même que lors d’une fausse couche naturelle. Sur 100 femmes qui procèdent à un avortement médicalisé, 2 ou 3 femmes doivent consulter un médecin pour recevoir des soins médicaux complémentaires. Moins d’une femme sur 500,000 ayant procédé à un avortement médicalisé meurt, ce qui rend l’avortement médicalisé moins risqué que l’accouchement ou les fausses couches naturelles.